lundi 30 janvier 2012

Esthétique d'un casque de guerrier

Ils semblent sortir d'une estampe d'Utagawa Kuniyoshi, ou de la légende des 47 rônins d'Ako, ces casques fantastiques (kabuto), ces demi-masques théâtraux, ces armures somptueuses et n'attendre que le réveil d'un guerrier obeissant au bushidô (voie du guerrier).
La collection d'armures de samourais des Barbier-Mueller, patiemment constituée pendant 20 ans environ, est une merveille. Très jeune, le collectionneur suisse Gabriel Barbier-Muller a été fasciné par l'aspect artistique de ces armures, et non leur aspect guerrier.
Parmi les pièces prêtées au Musée du Quai Branly se trouvent des kabuto audacieux et très révélateurs de la pensée et de l'esthétique japonaises. Ils sont protecteurs à double titre : par leur rôle essentiel dans la panoplie du samurai, mais aussi par le rôle magique attribuée aux décorations multiples. Outre l'emblème des clans, les sculpteurs ont fait appel aux dragons, têtes de corbeau, oiseaux de proie, flammes, coquillage rappelant l'insularité du Japon, oreilles de lièvres symboles de longévité et de courage, non seulement pour repousser l'ennemi, mais aussi pour assurer la protection du guerrier qui le porte. Raffinement poussé à l'extrême: les kabuto étaient parfumés, afin de permettre au guerrier à la tête tranchée par l'ennemi de quitter ce monde la tête haute.
Les vêtements de protection situés sous l'armure sont de soie brodée d'or. L' armure, constituée de différentes parties (plastron, jambières, manches, etc...), est conçue pour être revêtue rapidement. Elle évolue au cours du temps jusqu'à devenir un véritable objet de parade. Les jambières sont couvertes de fourrures d'ours, le manteau d'armure est de cuir, laque et brocart, les manches richement décorées, les plastrons arborent des dragons menaçants.
Et l'envie nous vient, dès la sortie de l'exposition, de se replonger dans l'univers de Kagemusha de Kurosawa....



Nathalie Kissel



vendredi 27 janvier 2012

une photo


Neige qui tombait sur nous deux
es-tu la même 
cette année ?


Matsuo Bashô,

1644-1694



mercredi 25 janvier 2012

De Naoshima au Centre Georges Pompidou, des pois à l'infini...

Pénétrer dans l'univers de Yayoi Kusama est une expérience insolite et déroutante : l'oeuvre de l'artiste japonaise, âgée de 82 ans, à la fois peintre, sculpteur, plasticienne, mais aussi écrivain, est véritablement inclassable.

On se trouve pris comme dans un tourbillon dans des univers étranges, parfois ludiques et oniriques, très souvent oppressants avec leurs thèmes obsessionnels, qu'il s'agisse des pois (dots) ou des monochromes blancs de l'époque new-yorkaise.

La rétrospective qui s’est terminée le 9 Janvier 2012 au Centre Pompidou à Paris retraçait chronologiquement son parcours, des hallucinations de l'enfance (fleurs rouges de la nappe qui se mettent à proliférer jusqu'à tout envahir, ou encore sa sensation de devenir un chien) à l'école d'art de Kyoto, son départ pour les Etats-Unis en 1957 et enfin son retour définitif au Japon. Dès 1977 elle choisit de se mettre à l'abri – du monde, d'elle même ?- dans un hôpital psychiatrique, dont elle ne sort quotidiennement que pour effectuer, dans son atelier tout proche, ce nécessaire travail.

Les environnements présentés à Beaubourg, tel « Dots Obsession,Infinity Mirrored Room  » (1998) ou «Infinity Mirrored Room (Filled with the brillance of life)  » (2011) sont proprement inouïs, vertigineux. Enormes ballons rouges aux formes diverses (ronds, en forme de quille, etc...) à pois blancs, posés à terre ou suspendus, répétés à l'infini par un jeu de miroirs ; ou cet extraordinaire environnement nocturne, composé d'une multitude de petites lumières colorées, suspendues dans une salle entièrement couverte de miroirs, donnant l'impression d'être en suspension dans un ciel étoilé.

 A partir de 1966 Kusama développe le concept de self-obliteration. Elle réalise une série de photocollages sur papier ou encore d'encre sur photos où les « dots » (pois) recouvrent tout, elle même,  l'environnement, jusqu'à son reflet dans le miroir.
« Un pois a la forme du soleil, qui symbolise l'énergie du monde entier, et aussi la forme de la lune qui est calme. (…) Quand on oblitère la nature et notre corps avec des pois, on se fond dans l'environnement » (cité dans « Yayoi Kusama », catalogue du Centre Pompidou - 2011).

Ces pois, nous les retrouvons dans « The moment of regeneration » (2004). 55 pièces de textile de tailles diverses posées au sol, sorte de phallus géants ou encore de queues de serpent dressées, rouges à pois noirs, dont l'ondulation rappelle les cheveux de la Gorgone.

Les dernières œuvres semblent plus calmes, moins tourmentées même si le système de répétition est toujours présent. Très graphiques, souvent peintes sur un format carré dans des tons rouges/ orangées, elles reprennent de façon obsessionnelle les mêmes motifs aux contours noirs. Tels les yeux, ou les chaussures dans « Spring has come » (2010) ou une succession de visages parsemés de points rouges dans « I want to live honestly, like the eye in the picture » (2009).
 « Je suis arrivée à un moment de mon parcours où il faut que je crée un art pour le repos de mon âme » dit-elle (Extrait du catalogue de l'exposition « Yayoi Kusama », Musée des Beaux-Arts de Calais -  1986 ).
Mais la magie Kusama opère toujours...


Nathalie Kissel

































Une fois arrivée sur l'île de Naoshima, j’avais peur d’être déçue. Tout ce chemin depuis Tokyo pour une citrouille, tout de même ! Et puis je l’ai vue. Poupine, légèrement avachie sur la jetée, indifférente à la bruine.  Attendant Dieu sait quoi. Je l’ai beaucoup photographiée.
Je ne saurai expliquer pourquoi mais rarement une oeuvre d’art m’a autant touchée...


Valérie Bastit Laudier, Japon, 2007





lundi 23 janvier 2012

Cette année notre dragon sera bien luné !

Aujourd’hui, 23 Janvier, nous entrons dans l’année du dragon.
L’astrologie chinoise est divisée en douze animaux, le signe du dragon est de loin le plus populaire. Caractérisé par un corps serpentin, symbole de puissance, le dragon est une créature légendaire, image à la fois digne et impressionnante.
Alors que nous nous apprêtons à passer du mignon lapin au dragon rugissant, nombreux s’offrent en Chine des séances de numérologie pour chercher à se prédire l’avenir…
Autant ces predictions astrologiques peuvent faire sourire les occidentaux, autant en Asie, elles sont prises très au sérieux.
Que disent-elles ?
L’année du Dragon a toujours été la plus propice au succès. Celle à venir sera favorable aux réussites les plus folles. Si vous avez de l’ambition, si vous caressez des projets grandioses, allez de l’avant sans hesitation. Pèsent néanmoins quelques réserves, le succès peut être éphémère, la chance se retourner…
Alors, pour exorciser ces incertitudes propres au signe de l’année qui vient, j’ai décidé de peindre un élégant dragon.
Traditionnellement dessiné au milieu de nuages noirs ou volant au dessus d’un ocean aux vagues déchaînées, j’ai choisi pour ma part de l’entourer des mots d’un petit conte zen : un dragon doit être tempéré afin qu’il apporte toute sa force et son énergie à notre nouveau projet,  ôtsuki sama !

Toute l’équipe d’Ôtsuki Sama vous souhaite une exellente nouvelle année 2012 sous le signe du dragon.